• "La liberté commence là où finit l'ignorance."
    (Victor Hugo 1802-1885)

RÉINTRODUCTION du LOUP. La MENACE !

La menace du loup…

de l’éradication à la réintroduction.

Le Loup et les Brebis

 Chasse au loup !

Plusieurs lecteurs du dernier article sur « La chasse à Champcueil », publié fin septembre 2022, se sont « étonnés » du peu d’estime, c’est un euphémisme, accordé au loup dans l’article.

Pour faire le point et combattre cet engouement quasi religieux pour le loup, je vous propose l’étude qui suit, sur l’histoire du loup en France,  dans le Gâtinais et à Champcueil.

Rappelons qu’il s’agit du loup sauvage. Les loups nés et restés au contact des hommes ont des comportements plus proches du chien domestique, dont ils sont les ancêtres éloignés.

Ce complément d’information sur canis lupus est  très largement inspiré du colossal travail de  recherche et de synthèse effectué par l’historien Jean-Marc Moriceau.[1]

Pour élaborer son puissant ouvrage « Sur les pas du loup », ce sont des dizaines de milliers de feuillets de bulletins paroissiaux qui ont été détaillés, compilés  par Jean-Marc Moriceau, assisté par une cohorte de bénévoles : amis, historiens, chercheurs, spécialistes de la chasse, particuliers. Ce travail a permis à l’auteur de dresser un tableau détaillé de la France, « transformée en  champ de bataille  par le loup. »

« Sur les pas du loup »  de Jean-Marc Moriceau.   Éditions MONTBEL 2013

 Ce livre récent est une somme de tout ce que l’on peut savoir sur le loup en France. On le trouve très facilement en vente sur différents sites internet.

Pour se faire un avis éclairé  sur le loup, je vous conseille vivement de vous procurer cet ouvrage… et de le lire.

 

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Préambule loup gris d'Europe

 Aucun animal ne suscite autant de fascination et de polémiques « enragées »  que le loup.

Il y a ceux qui détestent les loups, et ceux qui les « adorent ». Deux attitudes opposées, bien que les uns et les autres n’aient souvent pas vu de loups ailleurs que dans les zoos ou à la télévision.

Les adversaires farouches de ce grand prédateur ont en mémoire les  dizaines de milliers de femmes, de vieillards, d’enfants surtout, égorgés, dévorés vivants par les loups, et autant d’hommes mordus par les loups enragés, des morsures qui condamnent à l’atroce mort différée de la rage. Si l’on ajoute à ces victimes humaines le massacre recensé actuel de dizaines de milliers de brebis,  et ce, malgré  « l’ indemnisation » de leurs propriétaires désemparés,  cela suffit à étayer leur conviction forte :  le loup doit être éradiqué !

Chez les défenseurs du loup, à l’inverse, les dégâts causés par les loups sont gommés, et l’on rencontre chez les adeptes de ce tueur impitoyable une sorte de fanatisme irrationnel, une admiration morbide mêlée de crainte quasi -mystique.  Certains se désolent du « décès » (sic) d’un loup, d’autres en sont à « parrainer » une meute !

Le comble serait que certains « végétophagistes » veuillent protéger le loup, espèce la plus carnassière qui soit.

 

Peut-être faudra-t-il attendre le premier enfant égorgé par un loup au XXIème siècle, pour que les adeptes de cette bête féroce recentrent leurs certitudes sur une réalité un peu plus humaniste?

 

De l’éradication à la réintroduction du loup.

                                                                         Meute de loups

Depuis la nuit des temps, le loup a été  responsable de dizaines de milliers de morts en France. Pas en Corse, où il n’a jamais pu « faire souche ».

Le loup n’est pas courageux, il chasse en meute ou, solitaire, il s’en prend majoritairement aux personnes inoffensives. Ainsi, la majorité des victimes égorgées, démembrées, dévorées étaient des enfants et des femmes. Les hommes pour leur part, moins attaqués à mort par les loups,  plus fréquemment blessés par morsures,  avaient payé un lourd tribut à la rage, cette terrible maladie toujours mortelle.

Le loup,  carnassier insatiable,  tueur impitoyable,  prédateur direct et vecteur  de la rage, avait été quasiment éradiqué en France à la fin du XIXème siècle.  Les derniers spécimens présents sur le sol français allaient être définitivement éliminés à la fin des années 1930.

La France était définitivement débarrassée du loup ?

Hélas non ! Notre pays n’était pas à l’abri d‘une nouvelle invasion.

Malveillance ou laxisme,  des loups « importés » d’Italie apparaitront dans le Mercantour. Ils feront souche dans les Alpes, puis se disperseront dans toutes les régions françaises.

Cette « présence souhaitée »  du loup conduira les lobbies européens à imposer en 1992 la « directive » européenne  “Habitats.” [2]

En France, l’exécutif  appliquera cette directive sous la présidence Chirac[3], et le loup, espèce prédatrice hautement nuisible, deviendra alors l’espèce  « protégée » dont on suit les dérives aujourd’hui.

 NB : Les extraits de  texte entre guillemets et en italique sont tirés de l’ouvrage de J.M Moriceau « Sur les pas du loup ».  Les chiffres cités, hors ceux concernant Champcueil, sont majoritairement extraits de son ouvrage.

Bref rappel historique des méfaits du loup, 

en France et à Champcueil.

 

La mémoire collective a oublié la présence du loup.

Lorsque l’on se promène en forêt, personne ne pense au loup et l’on se sent en sécurité. Dans les grandes forêts domaniales, comme en Forêt d’Orléans, il n’est pas rare de rencontrer, au détour d’une allée, un chevreuil, une biche ou un cerf, parfois une femelle sanglier et sa portée de marcassins. A chaque fois, ce sont les animaux qui ont peur et se carapatent.

Mais lorsque ce sera un loup, comme l’un de ces grands loups solitaires qui ont chacun dévoré des dizaines de personnes… ?

 Retour au moyen âge.

 « Le loup chasse tout ce qui est à sa portée, du mulot aux grands ongulés sauvages… Le loup, à toutes les époques, a profité de la faiblesse des vivants pour s’attaquer à l’homme et pour coloniser le pays tout entier… »

D’où  « ces racines de la haine profonde de l’homme pour le loup, bête féroce par excellence ». écrit encore J.M Moriceau.

L’homme et le loup sont ennemis mortels depuis 10.000 ans, et sans doute depuis beaucoup plus. Mais la préhistoire ne nous a évidemment transmis aucun souvenir, à l’exception de squelettes d’animaux et d’hommes portant des traces de morsures, ainsi que des armes de défense rudimentaires faites de silex et d’os.

Plus près de nous, les documents utilisables depuis le moyen âge pour identifier les victimes des loups sont parcellaires. Nombre de bulletins paroissiaux  ont été détruits lors des guerres de religions, et les morts à cause des loups n’y ont pas toutes été transcrites.

Dans les bulletins de paroisse étudiés, J.M Moriceau a recensé 7.755 cas de morts causées directement par les loups, de 1362 à 1918.

C’est beaucoup, mais très peu au regard des chiffres annoncés de populations  de loups, aux morts directes non recensées pour cause de documents détruits, aux mordus morts de blessures infectées et surtout des morts de la rage.

Victimes dévorées par le loup

On note que les jeunes victimes, de loin  les plus nombreuses,  se répartissent entre les deux sexes. Les victimes majeures sont essentiellement des femmes. (J.M Moriceau)

Maladie TOUJOURS mortelle jusqu’à la mise au point du premier vaccin par Louis Pasteur en 1885, la rage est une infection à incubation lente, un à deux mois, ce qui rend la responsabilité directe du loup moins évidente.

Victimes de la rage transmise par le loup

Sur ce second tableau, on note que les victimes de la rage sont surtout des hommes. (J.M Moriceau)

Mise en avant par l’auteur, la  « faiblesse des vivants » dont a profité le loup, ce sont au moyen âge et jusqu’à la Révolution française de 1789, les famines, les guerres, les épidémies de peste,  de choléra, de dysenteries, de “fièvres pulmonaires” diverses.

La faiblesse du petit peuple des chaumières, victimes du loup, ce sera surtout le statut de servage imposé par la royauté “de droit divin” aux  95% de la population.

Interdiction de chasser et de posséder une arme sous peine de mort, le port de sabots de bois qui rend la fuite difficile, et  la nécessité, vitale et trop souvent mortelle, de travailler aux champs, sans arme et sans protection,  d’y conduire paître les bêtes, ovins et bétail à cornes … avec le risque d’y rencontrer les canines du loup.

Jeune femme tuée par un loup XIXème siècle

          Jeune femme apportant le repas aux champs, tuée par un loup.

Les chiffres de la lutte à mort contre le loup deviennent plus précis sous louis XIV.

Environ 1700 « huées » [4] et battues seront organisées avec, par exemple, des résultats de 1200 loups abattus en Basse-Normandie en quelques années.

Avant la Révolution, en extrapolant à partir des prises de loups, J.M Moriceau  estime « le nombre de loups de 15.000 à 20.000 loups, répartis sur 88% du territoire ».

Depuis des siècles, « le loup avait pesé  lourdement sur l’agriculture, l’industrie, le commerce, aussi longtemps que l’économie reposait sur l’énergie animale. » écrit fort justement J.M Moriceau.

Bretons luttant contre un loup

La Révolution et les libertés nouvelles acquises par la population porteront un coup d’arrêt à l’expansion du loup.

En deux ans, de 1796 à 1797 ( Ans V et VI de la République), 11.838 loups seront abattus.

Des primes seront octroyées pour la destruction des loups. 5.229 « prises » seront enregistrées entre 1799 et 1800.

De 1800 à 1826, ce seront 1.800 loups abattus en moyenne chaque année, une pression qui contiendra le loup dans certains territoires.

Durant le demi-siècle suivant, soit jusqu’en 1876, la présence du loup se stabilisera, l’animal restant présent sur 25 à 30% du territoire français. C’est à partir de 1876 et jusqu’en 1926 que l’éradication du loup sera menée, marquant l’époque du « dernier loup » en France ».

Les grands loups mangeurs d’hommes

        La bête du Gévaudan

 Tout le monde a entendu parler de ces loups tueurs, de taille hors norme, qui échappaient à tout contrôle.

Le plus emblématique fut la « bête du Gévaudan » qui a sévi dans cette province, aux confins de la Haute-Auvergne et du Vivarais, de 1652 à 1657.

La bête du Gévaudan

La bête féroce avait fait 79 victimes en cinq ans.   63 victimes des deux sexes avaient moins de 20 ans et les 16 victimes plus âgées étaient toutes des femmes, précise J.M Moriceau.

Les attaques mortelles de l’animal cesseront en 1767, avec l’élimination de plusieurs loups abattus, dont deux grands loups en juin 1767, sans certitude sur  la mort de la « bête », non formellement identifiée.

Il est possible, selon certains historiens de cet épisode dramatique,  que les attaques soient dues à plusieurs  « loups du Gévaudan »

La bête du Gâtinais et la Fronde (1648-1653)      

Évoquer la Fronde, cette guerre civile entre nobliaux européens, alors que l’on étudie les dégâts causés par le loup peut paraître hors sujet.

En fait les deux sont liés. Lorsque l’homme devient un loup pour l’homme, les dégâts causés sont certes bien plus importants que ceux causés par l’animal.  Mais le désastre civil de la Fronde  fut la  cause d’une forte présence du loup à Champcueil, les bêtes venant déterrer les morts de la veille pour les manger. Le loup  s’installera ensuite durablement, pour dévorer les vivants.

Comme nous le verrons, la situation vécue par les habitants de Champcueil lors de la Fronde confirme que le loup profite de la faiblesse des vivants, pour tuer.                                   Les morts dus aux loups ne sont pas à « relativiser » face au nombre des morts par la guerre civile, ils s’y ajoutent.

C’est à la mort de Louis XIII en 1643, qu’une régence avait été instituée, et Anne d’Autriche, mère du futur Louis XIV allait gérer le royaume avec son principal ministre, Mazarin.

Profitant de cette vacance du trône, une violente guerre de conquête du pouvoir, nommée « La Fronde » fut engagée de 1648 à 1653. Cette  guerre civile entre clans de la noblesse ravagea tout le sud de l’Île-de-France.

L’armée de Turenne, celle de Condé, constituée d’espagnols,  et  4000 reîtres recrutés en Autriche par le Parlement, allaient cantonner et combattre au sud de Paris, entre Étampes et Fontainebleau.

Tout le sud de l’Île-de-France, Beauvais, Champcueil, Ballancourt… allaient être victimes des cantonnements sauvages, des meurtres de civils, de viols, de destructions et d’exactions menés par les soudards recrutés pour piller.  Le paroxysme sera la bataille d‘Étampes en mai 1652, où l’armée royale allait battre les armées des princes dissidents.  Champcueil a alors subi le terrible ravage de son territoire et la mort d’un tiers de sa population.

Morts à Champcueil de 1643 à 1658

Le registre des décès de 1652  garde le souvenir dramatique des dégâts humains causés par  cette guerre sur la population champcueilloise.  Il y eut en 1652, au plus fort de la Fronde, 203 morts enregistrés à Champcueil, dont souvent plusieurs  « le mesme jour ».

SEPT feuillets pour transcrire les morts de 1652 contre moins d’un seul feuillet les autres années ! Et l’on peut supposer que les transcriptions « sur jugement », faites par le curé aient pu être incomplètes.

Le village devait alors rassembler 130 à 150 foyers, soit environ 500 à 600 habitants répartis sur Champcueil, Louteville, Beauvais et les écarts.

Un tiers des habitants seront tués lors de cette guerre de succession qui ne les concernait pas.

1652 Champcueil décès par mois

Début 1652, le curé, réfugié au Château des ducs de Villeroy à Mennecy, avait abandonné l’église de Champcueil. Il transcrivait « sur jugement » [5], la longue litanie des victimes Champcueilloises de la Fronde, sans même écrire les prénoms des jeunes enfants. Il signale cette situation où les morts étaient inhumés sans sa participation, en tête d’un feuillet de 1652 :

« Ceux qui suivent sont sans ordre, attendu un sur  absile et de  séjour au chasteau de Villeroy pendant la guerre civile. »

1652 guerre civile à Champcueil

Sur l’extrait de 1652 ci-dessus, outre la mention citée de « l’asile sur », l’on trouve la trace écrite des violences de la Fronde. « …. le 19 may jour du misérable sac  et pillage de Beauvais, fut porté sur jugement au cimetière Charles Roussaux, jardinier de Mr de Rochailly…

Et en marge droite,  « le 2 juin, fut inhumé en l’église Nicolas de Bizemont, sieur du Buisson et de Rochailly. » Un notable de Champcueil parmi les 38 morts lors du sac de Beauvais en mai 1652 !

Château des Villeroy Mennecy 17ème siècle

                     

La  bête du Gâtinais.    

15 victimes à Champcueil de 1652 à 1657.

 L’idée-force développée par J.M Moriceau, cette situation de « faiblesse des vivants»  ouvrira grande la porte aux loups anthropophages à Champcueil.

Les Champcueillois affaiblis, plongés dans  une détresse insondable par la guerre, privés de tout, leurs habitations détruites, devaient aller en campagne chercher de la nourriture pour eux-mêmes et le bétail,  du bois pour la cuisine et se chauffer…

Le loup, opportuniste, profitera de cette situation pour tuer.

Un grand loup, que la population avait nommé « la beste du Gastinais », fit régner la terreur dans ce territoire ruiné par la guerre, d’Étampes à Corbeil, de Dourdan à Versailles, de la Ferté-Alais à Melun.

De 1652 à 1657, on avait attribué à cette bête féroce entre 300 et 400 personnes mortes dévorées. Champcueil fut durement touché par les ravages de l’animal.

Ce sont au moins 15 habitants qui furent tués et dévorés par la bête féroce.

Loup dévorant une brebis

 

Ci-après deux tableaux extraits de l’ouvrage de J.M Moriceau.

1652-1657 Ravages de la beste du Gastinais

1652-1657 Ravages de la « beste du Gastinais »

Même sans imagination, l’on peut se douter que la population du village de Champcueil avait été catastrophée, désespérée, anéantie par la mort barbare de 15 des siens dont une majorité d’enfants, intervenant après une année de guerre épouvantable.

Marie Cochereau,  (citée  par J.M Moriceau),  fut la première victime, en 1652, de cette insupportable litanie des victimes du loup.

1652 Marie Cochereau, 1ère victime de la beste à Champcueil

Enfant et femme attaqués par un loup

Femme et enfant attaqués par un loup en campagne

Pour faire s’interroger les adorateurs du loup sur leur certitude partisane, une page du bulletin paroissial est reproduite, une seule, celle de 1653.

SEPT victimes de la « beste du gastinais » y figurent,  SEPT Champcueilloises et Champcueillois,  « dévorés par la mesme beste », comme l’écrit  le curé.

1652 Une page du registre paroissial de Champcueil

Le déchiffrage sommaire du bulletin paroissial de 1653 fournit une image précise de la détresse des familles du village.

  • Le 7 mars fille de xx dévorée et mangée par la beste.
  • Le 14 mars fils de xx dévoré et mangé pareillement par la beste.
  • Le xx juin fille    Campoin mangée et dévorée par la beste, comme sa sœur à Dannemois le 29 janvier actuel an.
  • Le 14 juin fils de xx mangé et dévoré par la mesme beste.
  • Le 8 octobre Mme xx fille Leblanc dévorée par la mesme beste.
  • Le 27 octobre fille de Louis Robin dévorée par la mesme beste.
  • Le 14 novembre fille de Denys Charié dévorée par la mesme beste à Louteville.

Il y eut 8 personnes tuées à Videlles, 5 à Dannemois, 3 à Courances, 4 à Moigny, 3 à Milly, parmi les 58 victimes retrouvées par J.M Moriceau.

Plus à l’ouest, dans ce qui allait former le nord du département de Seine-et-Oise et qui deviendra celui des Yvelines en 1964, il y eut un autre loup mangeur d’hommes. Dit “la bête de l’Yveline”, ce loup fit au moins 157 victimes de 1677 à 1783, pour l’essentiel dans la zone comprise entre Auneau, Dourdan, Rambouillet, Épernon.

1677-1683, la « beste des Yvelines ».

Second tableau extrait de l’ouvrage de J.M Moriceau

Réintroduction du loup !

Des années 1930 à 1990, on ne parlât plus de loups en France.

C’est à partir de 1993 que les premières attaques de troupeaux allaient être signalées dans le monde agricole rural.

Les bergers-éleveurs déclareront 36 bêtes égorgées en 1993.

Il y en eut 92 en 1994, 831 en 1996, 1228 en 1998. En 2011, 4920 bêtes victimes des loups seront recensées, et il y en aura 6102 en 2012, dernière année suivie par J.M Moriceau !

Selon la statistique officielle de 2020, il y eut 11.849 animaux fermiers victimes des loups. Fameux record pour la « biodiversité » !

Le Figaro du 1er novembre 2021 indique que “l’Office Français de la Biodiversité recensait 624 de ses protégés sur l’ensemble du territoire au sortir de l‘hiver 2020-2021.

624 loups adultes « en moyenne », le nombre se situant, selon la précision des «biodiversitaires», entre 414 et 834 animaux.

11.849 animaux victimes de 624 loups en un an ! Ces deux nombres accolés feraient sourire le plus ignare des statisticiens, s’ils n’étaient pas tragiques.

Tout comme le Citoyen, les éleveurs et les chasseurs ne sont pas dupes, qui estiment que les attaques récentes attestent d’une présence bien plus importante que ne l’indique le recensement officiel.

C’est le contribuable qui, de toutes façons, paie cette lubie « écolo-européenne », dont les indemnisations auront coûté 28,63 millions d’euros en 2020.

Coût des Indemnisations dues aux loups (FNSEA 2021)

Coût des indemnisations imputées aux loups. ( FNSEA. Juillet 2021)

 

2017, des loups dans l’Essonne. 

Des dizaines d’événements où le loup s’était attaqué à des hommes, à un adolescent, et jusqu’à une exploitation agricole avaient déjà été relevés, mais il faudra attendre 2017 pour « découvrir » deux attaques de loups en Essonne.

Le 15 janvier 2017, puis le 2 mars, le Parisien rapporte deux faits divers vite remisés dans le placard aux oublis par les autorités.

« Des « hurlements caractéristiques », une tanière et des chevreuils tués puis dévorés… L’Observatoire du loup, et Alliance avec les loups, deux associations, sont formelles : le loup est de retour dans le sud de l’Ile-de-France, et tout particulièrement en Essonne. »

Le 2 mars 2017, le Parisien rapporte un autre « fait divers » datant du 21 février :  un poulain a été attaqué dans le sud de l’Essonne. Il a été retrouvé mutilé et dévoré au matin par son propriétaire. Pour l’éleveur, pas de doute : il s’agit d’une attaque de loup.

Jean-Luc Valérie, de l’Observatoire du loup affirme « Je suis catégorique, il s’agit d’un loup. Aucun autre animal n’est capable de manger un poulain à ce point et d’effrayer les chevaux… »

Les autorités ne se prononceront pas, “en l’absence de tests génétiques formels”.

 

 Le loup, de la réintroduction à l’exaspération !

 « Depuis 1993, le loup regagne le territoire d’où il avait été chassé opiniâtrement depuis des sièclesLongtemps contesté par le loup contre l’homme, puis partagé avec lui durant des siècles, le territoire français est devenu propriété des hommes à part entière, depuis la fin du XIXème siècle » constate J.M Moriceau .

Depuis le premier homininé [6], l’Homme a lutté  ontre les éléments et une nature hostile, contre les grands prédateurs animaux, contre d’autres hommes aussi, devenus « loups pour l’Homme ». [7]

Et l’Homme a eu raison contre les bêtes nuisibles !

Personne ne pense sérieusement que les « plans loups », les primes d’indemnisation ou les tirs de limitation organisés sous le contrôle des lieutenants de louvèterie éviteront la confrontation homme / loup.

Les procès intentés par des « amis du loup » contre la France auprès des instances européennes, pour non-respect des loups, montrent bien l’absurdité des directives imposées sans concertation des Nations impliquées.

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 « L’homme pense parce qu’il a une main », ( Anaxagore 428 avant notre ère.)

Homo Erectus a reçu de la sélection naturelle cet atout formidable par rapport aux animaux : la main. Libérée par la station debout, la main allait devenir outil. Et quel outil !

Le génie humain, c’est d’avoir fabriqué des armes, des outils, des vêtements chauds, d’avoir domestiqué le feu… et depuis ces âges farouches, d’avoir inventé et fabriqué TOUT le reste !

Les espèces Homos qui se sont succédées ont toujours fait face aux bêtes féroces et aux éléments. Au point que les hommes allaient s’affranchir des règles de la nature, jusqu’à la modifier durablement en moins de deux siècles.

Le coup de frein est brutal ! Et pas de marche arrière possible !

Face à cette nécessité absolue de redonner à la Nature massacrée un peu d’oxygène (!), la « biodiversité » tant défendue par les écologistes s’avère n’être qu’une illusion.

Ainsi, l’Agence Européenne de l’Environnement a dénombré plus de 10.000 espèces exotiques, faune et flore, qui sont en train de coloniser l’Europe, s’imposant aux espèces autochtones. Et selon l’Inventaire National du Patrimoine Naturel, 111 espèces invasives exotiques ont été relevées en France, qui viennent remplacer nos espèces animales et végétales trop affaiblies pour lutter.

L’extinction des espèces est en cours, au vu de tous, et il faudrait n’en protéger qu’une : le loup ?

La réintroduction du loup, pour la satisfaction égoïste de ceux que l’on nomme les bobios urbains, prompts à décider de ce qui est « bon » pour les autres, n’est qu’une duperie de “spécistes”.

Les loups-protégés ne protègeront pas les abeilles, victimes des pesticides, de la pollution, des nouvelles cultures pauvres en pollen…les loups-protégés, qui interdisent l’accès à nos forêts, ne protègeront pas nos massifs forestiers des incendiaires, ni du dépérissement des chênes assoiffés, ni des espèces invasives arrivées d’ailleurs, ni des maladies opportunistes : virus, champignons parasites, ni des insectes importés ou mutants sous l’effet du réchauffement…

Les « politiques » préfèrent céder aux communautarismes écologistes, par crainte de leur fort pouvoir de nuisance médiatique. Ils ont capitulé devant cette nouvelle croyance, devenant les complices actifs de cette écologie punitive !

Les loups partout, pour tenir les habitants prisonniers chez eux, c’est une atteinte grave à notre Liberté et à notre sécurité.

Jusqu’à quels excès opportunistes le Citoyen pourra-t-il supporter ces dérives autocratiques ?

Les propositions d’actions de défense de l’environnement doivent être confiées aux Scientifiques.  Les décisions appartiennent aux Citoyens informés !

Protéger, défendre les Hommes ! D’abord !

Bernard PACORY octobre 2022

Article libre de droits, disponible en PDF. Pour télécharger :

« Réintroduction du loup : la menace ! »  Cliquer sur le lien ci-après.

https://jours-de-fete.fr/wp-content/uploads/2022/10/Le-loup-JM-Moriceau-avec-photos.pdf

 

 

Champcueil.  Sous-bois .   Photo Jean-Jacques PACORY

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[1] Jean-Marc Moriceau,  né en 1956, est un historien français de la ruralité.

Maitre de conférences, professeur d’histoire, membre honoraire de l’ Institut Universitaire de France, J.M Moriceau  a écrit de nombreux et très riches ouvrages sur le monde rural . Sa thèse de doctorat d’histoire (1994) dirigée par Jean Jacquart, portait sur « les fermiers de l’île-de-France ». Ses travaux ont obtenu plusieurs récompenses prestigieuses dont une médaille du CNRS en 1995.  Jean Jacquard et Jean- Marc Moriceau ont contribué à faire connaître l’histoire et le passé rural de l’Île-de-France et du Hurepoix.

[2] La directive 92/43/EEC dite « Habitats », imposée en 1992 par la commission européenne , vise à la protection des habitats naturels de la faune et de la flore sauvage. Cette « contribution »  démagogique en faveur de la biodiversité affirme  prendre en compte les exigences économiques, sociales, culturelles et régionales .

[3] Une ministre avait , un peu légèrement,  qualifié la réintroduction chiraquienne du loup et de l’ours « d’écologie-paillette de l’Élysée. »

[4] Les huées, organisées avec des centaines de participants visaient à effrayer ou déranger les loups, afin qu’il aillent chasser « ailleurs ».

[5]  Selon Bernard Giudice, Champcueillois, expert latiniste, « l’expression « sur jugement » est liée à une vieille expression latine « igurus » qui signifie : déclaration, affirmation, authenticité ».  Le prêtre signalait ainsi qu’il transcrivait les noms des morts selon ce que lui communiquaient ses contacts restés à Champcueil, « sur déclaration ayant caractère d’authenticité ».

[6] Homininés : espèces marchant debout.

Les hominidés grimpent aux arbres et se déplacent souvent à quatre pattes.

[7] Homo homini lupus est.  Attribué au dramaturge romain Plaute. (245 Avant notre ère.

 

 

Ci-après :         Le loup et les brebis par   Jean de la Fontaine

Le loup et les brebis. J de la Fontaine

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